Une administration encore récalcitrante face aux enjeux du marché de l’art
Commet favoriser la création ?
Intervenants
:
- Pierre Cornette de Saint Cyr, commissaire-priseur et président du palais
de Tokyo.
- Eric Landeau, galeriste.
Modérateur :
Jean Louis Martinelli
La
question est majeure et intéresse le devenir de la Franceau moins autant que
l’avenir de l’équipe de football: Comment favoriser la création ?
Dés son
arrivée, Cornette s’exclame : « Je déteste le foot, je suis ravi que les
amateurs de foot, la seule activité culturelle reconnue comme nationale, ne
soient pas là».
A peine le
débat commencé, il donne le ton : « Il est urgent de changer les choses, les
politiques doivent arrêter de préserver et entreprendre, c’est une question
de survie de la machine culturelle. »
Trois
enjeux se dessinent rapidement; d’une part le statut de l’artiste dans la
société française, d’autre part son rayonnement à travers le monde, puis
enfin sa rémunération comme condition de survie.
Selon
Cornette, nous sommes dans une ère internationale et l’art ne fait pas
exception, il faut donc exposer à l’étranger.
« Cela
suffit l’hypocrisie a assez duré, il n’est plus question de tenir pour
acquis l’idée nationale qu’un artiste ne doit pas s’enrichir. » Il y a
quelques années, dans un entretien entre Cornette et le directeur de
Beaubourg celui-ci dira de César, « pourquoi l’exposer, ce n’est pas un
artiste il dîne au Fouquet’s ».
La salle
relance le débat avec des questions telles que la gratuité à l’accès muséal
pour les artistes, si le palais de Tokyo est à un euro, et le Louvre gratuit,
ce sont bien les deux seuls.
Eric
Landeau pense quant à lui qu’on n’a trop peu confiance en nos artistes
vivants, il faut des lieux d’expositions au risque de scinder l’art en deux
catégories : l’art d’en bas et l’art d’en haut.
Il pose
comme condition au soutien des artistes la défiscalisation.
Un intervenant, SIGN7, artiste et adhérent de l’association
« La Maison des artistes »
s’empare du micro, il a assisté au précédent débat
Faut il supprimer le ministère de la culture ? avec
la Ministre Albanel, et a justement interrogé la ministre sur la question de
la défiscalisation, et celle-ci n’a pas selon l'artiste voulu répondre.
« Le crédit
à taux zéro loin d’être viable, ne permet en rien le développement du marché
des artistes vivants, l’acheteur alpha qui doit contracter un prêt pour
pouvoir se payer une œuvre, ne se rendra pas forcément à sa banque, après
avoir fait son choix, mais Bercy ne veut rien entendre » toujours selon
l’artiste.
La France
malgré les initiatives de Madame Albanel, le marché de l’art a besoin d’un
développement plus profond, le système français reste bien trop lourd et ne
permet pas actuellement une liberté de diffusion de ses artistes vivants. Si
le sort de nos artistes reste précaire, l’apport artistique de la France au
niveau mondial et historique est préoccupant.